Refuge du Carrelet
Le lieu
Au-dessus du hameau de La Bérarde (commune de Saint-Christophe-en-Oisans, Isère), dans la vallée du Vénéon et au sein du Parc national des Écrins, un refuge gardé s'élève à 1909 m : le refuge du Carrelet, d'une capacité de 44 places. En 2026, la saison s'étend du 4 juillet au 30 août. La réservation est obligatoire, en demi-pension ou avec repas de midi (pas de réservation en ligne cette année : contact direct par téléphone ou email). Mathilde Dahuron en assure le gardiennage. Depuis le camping de La Bérarde, il faut 1h30 de marche par la rive gauche du Vénéon pour l'atteindre ; des ânes sont disponibles pour aider au portage. Le lieu convient bien aux familles, avec le plateau du Carlez et son petit ruisseau propice aux enfants, des jeux extérieurs et la possibilité d'observer la faune en toute sécurité.
Y arriver
Le départ se fait à Combe Noire, avant d'atteindre le hameau de La Bérarde (Saint-Christophe-en-Oisans). Le sentier suit la rive gauche du Vénéon vers ses origines, passe par le camping, et débouche sur le plan du Carrelet : comptez environ 1h30 pour 4,2 km et 240 m de dénivelé positif, un parcours de niveau facile. La Bérarde n'est pas accessible en voiture particulière — seules des navettes réservées à l'avance permettent d'y accéder.
Le décor
Ce refuge occupe un site au cœur du Parc national des Écrins, décrit comme un « havre de verdure au pied de grands sommets et glaciers » : la falaise de l'Ailefroide (3954 m) le domine de 2000 m, tandis que les Aiguilles de Boverjat lui font face. Le plan du Carlez, parcouru par un petit ruisseau, se prête à l'observation de la faune sauvage. Alimenté par panneaux solaires et thermiques, le refuge entretient également un potager.
Un peu d'histoire
À l'origine, le site du Carrelet n'était pas un refuge tel qu'on l'entend aujourd'hui, mais un habitat permanent médiéval de la vallée de Saint-Christophe-en-Oisans, cité dans la « grande Reconnaissance » de 1345. La forte croissance démographique observée dans la vallée entre le XIe et le XIVe siècle avait conduit les habitants à coloniser les replats d'altitude disponibles, parmi lesquels le Carrelet (1900 m), qui présentait l'avantage d'un accès à l'eau et d'une pelouse alpine en replat. Le déclin commence à la fin du XIVe siècle, sous l'effet de la Grande Peste (à partir de 1347) puis du petit âge glaciaire : en un siècle, la population de la vallée passe de 600 à 270 habitants, et le Carrelet, déserté à la fin du Moyen Âge, perd sa fonction d'habitat permanent.
